photo NW

Jeudi 27 janvier dernier, jour de commémoration de la Shoah dans le monde, en France, et tout particulièrement à Orléans que se cristallisèrent nos regards : en effet, après plus de vingt années de travail, avec son équipe du CERCIL, Hélène Mouchard-ZAY, a inauguré le musée des enfants du Vel’ d’hiv’, sous la présidence de Monsieur Jacques Chirac et de Madame Simone Veil.

Ce qui nous a submergée d’émotion, Michel et moi et sans doute l’ensemble des personnes présentes, fut le témoignage d’Annette Krajcer, qui avait 12 ans l’été 42. Elle nous a décrit son arrestation, avec sa sœur de 14 ans et leur mère, à Paris, par la police française. Son angoisse d’être séparées, sans savoir ce qu’elles allaient devenir. Deux angoisses énormes à cet âge !

Puis la gare d’Austerlitz, toujours pas d’allemand, pense-t-elle !

Enfin la gare de Pithiviers, en France, ouf, un soulagement, quitter la France était une angoisse forte.

Elle nous décrira son mois d’aout 42 dans le camp, jusqu’au soir ou la liste des noms des mamans fut lue ! Les mamans allaient quitter le camp, après le départ des papas et des adolescents ! Une dernière nuit de sanglots, de tremblements, de peur, elles sont blotties toutes les trois l’une contre l’autre, comme si c’était la dernière fois ! Puis vint le matin, les mamans, arrachées à leurs enfants partirent rejoindre les trains, dans les cabanes, les enfants hurlaient, certains étaient tout petit. Annette et sa sœur ne quittèrent pas leur mère des yeux, jusque dans la foule, jusqu’au départ du train, elles ne revirent plus jamais leur mère.

Quelle horreur ! quelle absurdité, comment est-ce possible ? Annette et sa sœur échapperont à leur destinée mortelle par un coup de gomme d’une cousine sur une liste ! Le destin tient parfois à un coup de gomme ! De retour à Paris, la libération arrive, et puis, c’est la chape de plomb, on ne doit rien dire…ce que ces personnes ont vécu est horrible, difficile à croire, à imaginer, bien sûr, et pourtant, ça a existé ! Il aura fallu attendre Jacques Chirac en juillet 1995 pour qu’un président de la République Française rappelle les responsabilités de la police et de l’état français dans ces rafles, ces arrestations, ces internements.

Simone Veil déclare qu’il aura fallu attendre 60 ans mais, selon elle les choses bougent…

Je retiendrais du discours d’Hélène Mouchard-Zay son attention, sa vigilance contemporaine lorsqu’il s’agit de définir une partie de la population par le début de la phrase de Pétain : «  est désigné comme —– tout individu qui —– » car cela commence toujours par une petite phrase-presque anodine, sans savoir où cela peut aller !

Bravo à ces femmes, à ces hommes qui mènent ce combat, pour ne pas oublier, pour que les générations futures soient informées, nous serons bientôt les seuls relais…les déportés, rescapés sont de moins en moins nombreux, soyons acteurs, soyons vigilants maintenant et demain !

Nathalie Willano

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1 Comment

  1. bravo à ses femmes, à ses hommes qui mènent un combat dans la dignité, utlie, primordiale, plus que jamais contemporain dans le monde et en France : plus jamais ça !
    Bravo au président Chirac pour son discours de juillet 1995….laissons tomber son état de santé qui ne concerne que ses proches !
    Indignons nous !
    Nawn

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