Groupe Socialiste-Vert-Républicain du Conseil Général du Loiret
J.Beauvallet-A.Besnier-C.Bourdin-M.Brard-M.Breffy-C.Chaillou-D.Godeau-M.Prahecq-T.Soler-D.Thiberge-E.Touzin

Le 22 novembre 2013

Lettre ouverte

du groupe socialiste, écologiste et républicain du Conseil Général du Loiret
au Président du Conseil Général
Monsieur le Président,
En octobre, au congrès des départements de France, vous décidiez, avec d’autres
présidents UMP de quitter, dès l’ouverture, ce temps de travail et d’échanges de nos
collectivités, pourtant placé au-delà des options partisanes des uns ou des autres.
Vous avez, dans le même temps, évoqué la possibilité de vous retirer de la structure
ADF ( Association des Départements de France ), organisme qui forme une entité
soucieuse du respect de la pluralité démocratique, au même titre que l’AMF
( Association des Maires de France ) pour les communes et l’ARF ( Association des
Régions de France ) pour les régions.
A la suite de ce positionnement, et presque dans le même temps, une campagne de
communication particulièrement orientée a fleuri sur les cars départementaux et sur
les abribus ! Une campagne du Conseil général, clairement partisane, financée avec
l’argent public de la collectivité !
Monsieur le Président, cela, déjà, nous a profondément choqués.
Cette semaine, comme tout un chacun dans le Loiret, nous avons reçu la revue
départementale, revue, je le rappelle, payée par l’ensemble des contribuables de notre
territoire…
Monsieur le Président, c’est avec stupeur, que nous avons découvert ce numéro
« spécial », que j’hésite à qualifier, entre caricature et pamphlet, mais quoi qu’il en soit,
document politicien, charge d’un camp contre un autre, accumulation d’outrances et
de catastrophisme, sans aucun rapport avec la vocation de notre collectivité !
Est-ce vraiment le rôle et la finalité de la revue, expression de la collectivité
départementale, de se substituer à une brochure de l’UMP ?
Votre désaccord politique avec le gouvernement et son expression sont une chose,
l’argent destinée à la collectivité pour mener à bien ses missions en est une autre.
Utiliser l’un pour financer l’autre est particulièrement choquant.
Nous vous exprimons ici notre inquiétude devant cette escalade du verbe et cette
dérive de l’usage des moyens de la collectivité. Nous sommes persuadés que cette
démarche est destructrice pour l’institution départementale car elle ne répond pas à
l’exigence d’impartialité d’une collectivité territoriale comme la nôtre lorsqu’il s’agit
d’user de son pouvoir de décideur de l’exécutif.
Dans toutes ces pages, les arguments que vous avancez sont d’ailleurs contestables
et participent à une désinformation bien organisée. Vous nous indiquez être contre
l’augmentation des impôts mais être contraint de le faire, du fait du gouvernement !

Pourtant, pour 2013 vous avez décidé d’augmenter le taux de la taxe foncière, avec
pourtant un excédent budgétaire et une capacité d’investissement qui reste
heureusement élevée !
Pour quelles raisons ?
Je n’ose imaginer qu’il puisse y avoir un lien de cause à effet avec le développement
de toute cette communication, certainement coûteuse et pour laquelle nous n’avons
eu aucune information en matière de financements !
Monsieur le Président, vous nous parlez des « départements en danger » et de leur
«disparition» voulue par certains… c’est prendre un ton bien trop dramatique pour
rappeler, ce n’est pas nouveau, qu’il faut conserver aux collectivités territoriales leur
capacité à remplir les missions qui leur incombent. Pourtant, si je ne me trompe pas,
vous avez soutenu en 2010 la réforme des finances locales qui a privé ces mêmes
collectivités territoriales d’une grande partie de leur autonomie financière. N’auriezvous
pas dû défendre, alors, avec tant d’ardeur, le rôle du département ? Ce rôle, nous
le jugeons, pour notre part, toujours incontournable en ce qui concerne les solidarités
envers les personnes qui en ont le plus besoin et en direction des territoires où se
concentrent les difficultés.
Ce sujet est sérieux et mérite mieux qu’une caricature…
Nous vous demandons, Monsieur le Président, de revenir sur le terrain d’un dialogue
républicain où la contradiction est possible et où chacun peut exprimer son point de
vue, sans confusion de moyens.
Nous demandons l’arrêt de cette campagne partisane, faite au frais du contribuable
loirétain, au moment où vous nous dîtes craindre « le pire » pour l’avenir du
financement des services publics.
La priorité ne devrait-elle pas être aux économies pour privilégier l’essentiel ?
Veuillez croire, Monsieur le Président, en mes sentiments républicains.
michel signat
Président du groupe socialiste, écologiste et républicain
Conseiller Général du canton d’Orléans Saint-Marceau

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