La querelle des Anciens et des Modernes ?

L’organisation territoriale et institutionnelle, au centre des enjeux de simplification et de réduction de notre fameux « mille feuilles administratif », n’est pas née d’aujourd’hui mais illustre les maintes évolutions et adaptations, contraintes ou désirées, du pays. Si, très schématiquement, l’Etat, le département et la commune, existent depuis 225 ans, avec quelques évolutions depuis la Révolution, la Région, l’intercommunalité et l’Europe ne sont apparues que bien plus récemment dans le paysage administratif et institutionnel. La Région n’a une personnalité propre que depuis 1986 et l’intercommunalité elle-même ne s’est vraiment développée que vers 1959 et a connu, depuis lors, plusieurs modifications très significatives telle que (dernière en date !) la mise en place des métropoles. L’Europe d’aujourd’hui, est née, quant à elle, après la Seconde Guerre Mondiale, se développant et se structurant par étapes jusqu’à l’euro et l’élargissement à 28 membres. Il ne serait pourtant ni raisonnable ni d’ailleurs exact de résumer la problématique en une querelle opposant les Anciens aux Modernes ! Si à peu près tout le monde s’accorde aujourd’hui sur la nécessité de rationnaliser et simplifier l’organisation administrative et institutionnelle du pays, l’attachement à des modes de fonctionnement , les repères et l’identité sont autant de raisons de blocages.

L’identité et la vitalité d’un territoire ne dépendent pas uniquement de son ancienneté

Le Loiret, à l’instar de la région Centre, rencontre une triple difficulté d’appropriation par ses habitants : dès l’origine, des forces centrifuges liées à la rivalité entre villes sources; la force d’attraction de l’une des plus grandes mégapoles mondiales, Paris ; enfin, depuis un demi-siècle, un renouvellement élevé de sa population, très positif pour le dynamisme économique et sociétal, mais qui rend difficile un sentiment identitaire. Toutefois, ce sont bien les compétences du Conseil général qui donnent au département une proximité, une connaissance et une reconnaissance de chaque habitant, du collégien à la personne âgée, de la personne en situation de handicap au réseau d’assistantes maternelles, comme incarnation concrète de la solidarité.

Il ne faut donc pas avoir peur de bouger!

Nous pouvons, en effet, imaginer des regroupements, un recentrage sur des actions mieux identifiées – les financements croisés rendant difficile l’évaluation des politiques publiques par les électeurs – et une meilleure articulation avec les communautés urbaines et les régions pour l’action économique et la préparation de l’avenir (éducation, recherche, investissements structurants, transports). De même, l’Europe gagnerait-elle sûrement à cesser d’intervenir de manière si tatillonne sur notre quotidien, et à se concentrer sur les mesures à son échelle, sécurité, défense ou investissements d’avenir… L’essentiel pour le citoyen ne tient donc pas dans l’organisation des structures – qui ne peut être une fin en soi ! L’essentiel réside bien, à mes yeux, dans l’efficacité qui en ressort – « simplifier et clarifier » – et le sens des actions menées autour d’une question simple mais centrale : quelles perspectives dresser aujourd’hui pour la société de demain ?

 michel signat

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